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Pause Pipi, Shame on you… découvre nos coups de cœur de décembre

Comme chaque mois, quatre membres de l’équipe te partagent leurs derniers coups de cœur podcastiques. Si tu es à la recherche de nouveaux podcasts à écouter, tu es au bon endroit !

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La révolution de la miction avec Pause Pipi, le coup de cœur de Noémie

L’un des plus gros traumas de mon enfance, c’est lorsque je suis restée enfermée dans les toilettes de mon école maternelle. J’étais sortie du cours pour aller faire ma petite affaire et j’avais par réflexe mis le verrou. Ankylosé par la rouille et les années, le loquet a ensuite décidé de ne plus coulisser et de me laisser, moi, 5 ans, seule et coincée dans un cabinet de un demi mètre carré. Je me souviens avoir hurlé, pleuré, tambouriné, et puis finalement, par miracle ou à force d’acharnement, le verrou a décidé de me libérer. C’est une histoire un peu banale, et je m’en suis évidemment remise aujourd’hui. Mais ce qui me reste encore de cette mésaventure, c’est l’odeur. La puanteur des toilettes de mon école maternelle était insupportable. Et avec mes yeux d’adulte, je trouve ça scandaleux qu’on ai laissé des enfants faire leurs besoins dans un lieu si immonde.

En secondaire, j’étais amicalement surnommée “madame pipi”, car je ne tenais jamais jusqu’à la récréation pour aller faire pipi (sûrement à cause du gros mug de café que j’engloutissais chaque matin). Il fallait toujours négocier des pieds et des mains avec les profs pour pouvoir quitter la classe et aller faire la chose la plus naturelle au monde. Avec mes yeux d’adulte, je trouve que ça n’a aucun sens.

Si je te parle de tout ça, c’est parce que les toilettes font partie de notre quotidien, et pourtant on ne se pose pas trop de question sur comment on y va, comment on s’y sent et qu’est-ce qu’elles disent de nous, de notre société. Tout ça, le merveilleux podcast Pause Pipi le raconte au cours de quatre épisodes absolument géniaux. À l’aide d’une réalisation sonore inventive, la journaliste Julie Auzou questionne le monde à travers… le pipi ! Qu’implique le fait que les hommes urinent debout et les femmes assises ? Pourquoi on galère autant à trouver des toilettes publiques dans les villes ? Pourquoi faire pipi en soirée peut être soit une galère, soit un moment hilarant ? Les toilettes inclusives sont-elles une bonne idée ? Et si on changeait radicalement les WC des écoles ? Pourquoi prendre du plaisir en urinant est-il tabou ? Je suis ressortie super enthousiaste de l’écoute de ce podcast, et avec une certitude inébranlable : la révolution féministe passera aussi par nos cabinets.

Pause Pipi est une série en quatre épisodes du podcast À Suivre d’Arte Radio. Un podcast (génial) de reportages et de témoignages pour s’offrir un autre regard sur le monde.

Traverser le quatrième mur avec "La Réu' d'Écran Large", le coup de cœur de Boris

Est-il encore possible de se démarquer en tant que podcast cinéma ? Entre la désinvolture d’un Deux heures de perdue et l’analyse pointue de La gêne occasionnée, l’offre semble parfois saturée et le spectre entièrement couvert. Et puis, en février 2023, la bande du site Écran Large débarque avec un concept redoutable, jouant sur la présence d’un quatrième mur.

Voilà l’idée ingénieuse de La Réu’, lancé en 2023 par les journalistes du site Écran Large, tout à fait recommandable mais jusque là plutôt orthodoxe. Comme le nom le suggère, chaque épisode te plonge dans l’intimité d’une séance de réunion. Rien de pénible ici : ces périodes de travail fonctionnent tels de joyeux brainstorming foutraques. En prétextant la quête de pistes d’articles à rédiger pour leur média, Antoine, Déborah, Geoffrey ou encore Judith, chacun·e pourvus·es de leurs obsessions cinématographiques serties de mauvaise foi, débattent de « qui c’est que c’est » le plus fort entre Robocop et les Transformers, élisent le pire film Marvel ou s’évertuent à défendre Shaolin Soccer.

Pas de bonjour ou d’introduction : tu débarques en plein milieu des discussions. À la façon des entrevues les moins productives (celles lors desquelles tu essaies de bosser avec tes potes – “non là allez, franchement, on s’y met !”), la structure se veut en roue libre, tributaire des anecdotes marrantes. À la merci d’une surenchère de la vanne et souvent décorrélée de l’actu culturelle, chaque diffusion hebdomadaire réserve son lot d’envolées joviales, exactement comme si on épiait une bande de potes à son insu. Car La Réu’ pousse son concept au point de se terminer en plein milieu d’un échange, parce que “l’heure tourne”, ou de révéler au micro les complaintes d’une critique ciné sur le web (”je suis dégoûtée, mon article n’a même pas atteint les 10.000 vues alors que je me suis retapée dix films pour l’écrire…”). Écouter aux portes du quatrième mur se révèle instructif.

Une enquête palpitante avec Les disparues de Crystal Lake, le coup de cœur de Laura

Dans les années septante, en Nouvelle-Angleterre (États-Unis), les avis de recherche de Debbie Spickler, Janice Pocket et Lisa White sont placardés à tous les coins de rue. Pendant des décennies, aucune piste sérieuse. Mais 50 ans plus tard, un appel téléphonique va révéler une information cruciale concernant les disparues de Crystal Lake…

Au cours de ces semaines ultra chargées, j’avais vraiment besoin d’un podcast qui me donne la sensation d’une immersion complète dans un autre univers, d’une échappatoire. À défaut d’un mois de congé à la montagne, je me suis offert 25 minutes d’Amérique profonde dans les oreilles. Je te reviens donc ce mois-ci avec un podcast true crime – car après tout, ça reste ce que j’écoute le plus. Et laisse-moi te dire : celui-ci devient peut-être l’un de mes préférés.

Dans ce podcast immersif de onze épisodes (dix et un bonus), Matthew William Phelps, journaliste d’investigation, enquête sur l’affaire inquiétante des « disparues de Crystal Lake ». Les interviews, les réponses des personnes interrogées, le ton grave donné à son récit en voix off, la musique en tapis sonore… tout est réuni pour te donner la sensation de vivre l’enquête en temps réel avec le journaliste.

D’ailleurs, je me permets de te donner un conseil : quand tu te lanceras dans ce podcast, arme-toi d’un carnet et d’un stylo, car tu risques très vite de chercher à comprendre toi-même ce qu’il s’est réellement passé. Ça t’évitera de faire comme moi et d’appuyer sur “pause” après les dix premières minutes du premier épisode pour trouver de quoi écrire… En mon sens, plus qu’une histoire terrifiante, c’est une enquête harassante que tu trouveras dans ce podcast.

Metoo avant le hashtag dans Shame on you, le coup de cœur de Caroline

Si tu es né dans les années 2000, il y a de forte chance que les lettres “D-S-K” ne te disent absolument rien… DSK, c’est un politicien français connu et reconnu, accusé du viol d’une femme de chambre d’un hôtel new-yorkais en 2011. Cette affaire, c’était un peu un “me too” avant le hashtag.

Dans le podcast d’investigation Shame on you (ne te laisse pas avoir par le titre en anglais, c’est bien un podcast français), deux journalistes reporters nous plongent dans leurs archives pour raconter – mais aussi questionner – comment elles ont couvert ce scandale dont elles prendront progressivement la mesure et qui secouera non seulement la France, mais aussi les États-Unis. C’est presque une double enquête qui est proposée : le récit de l’affaire DSK d’un côté et la contre-enquête de deux journalistes sur leur propre travail de l’autre…

C’est un chouette podcast d’investigation, même s’il n’est pas débordant de retournement et de storytelling. En gros, si les sujets qu’il explore t’intéressent un minimum, alors tu vas le dévorer à coup sûr !

Pour l’instant quatre épisodes sur les huit promis sont disponibles, donc on attend les suivants de pied ferme.

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