Longtemps, la raison d’État a prévalu sur la justice, les règlements diplomatiques des guerres prenant le pas sur l’exigence d’éthique de réparation des victimes. Longtemps aussi, on a choisi l’amnistie en croyant qu’elle mènerait à l’amnésie, et avec elle à l’effacement des souffrances.
Il a fallu la Seconde Guerre mondiale et ses atrocités pour que se mettent progressivement en place les composantes d’une justice internationale avec le procès de Nuremberg, les Tribunaux spéciaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda, et la création de la Cour pénale internationale.
Récent donc, l’édifice est également fragile face aux coups de boutoir des régimes autoritaires mais aussi des démocraties en proie à la montée des nationalismes et populismes. Notre système mondial est aujourd’hui en proie à la destabilisation et au retour en force de l’impunité au mépris de tout droit international.
Jean-Paul Chagnollaud est notre invité. Professeur émérite des Universités et président d’honneur de l’IREMMO, il publie « Oublier ou punir ? Justice pénale internationale et politique », aux éditions le Cavalier Bleu.



