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Je suis asexuelle: comment (sur)vivre dans une société centrée sur le sexe.

C’était quand ta première fois ?”, “C’est quoi l’endroit le plus fou où tu l’as déjà fait ?”, “C’est quoi ta position préférée?”. Si ce genre de questions semblent naturelles pour certain·es, elles peuvent être carrément dérangeantes pour d’autres. Mais dans une société où le sexe est aussi naturel que boire de l’eau, quelle est la place de celles et ceux qui n’ont pas soif? Bienvenue dans le monde des asexuels. 

Quand le sexe est partout

Le sexe est omniprésent dans nos sociétés. Tu n’y fais pas forcément attention si ça ne te dérange pas, mais moi, c’est quelque chose qui m’a toujours frappée. Dans les séries et films que je regarde, dans les livres que je lis, dans les publicités que je vois, et jusque dans mes conversations quotidiennes : le sexe est partout.

Quand j’étais ado, ça ne me dérangeait pas forcément. Je ne comprenais pas cette obsession, mais je me disais que c’était parce que j’étais trop jeune. Je faisais des blagues salaces pour m’intégrer et montrer à quel point j’étais décomplexée. J’attendais que ça vienne, comme si l’attraction sexuelle était ma lettre de Poudlard qui avait pris du retard.

Suis-je cassée?

À 18 ans, je m’apprête à entrer à l’université. Je n’ai jamais eu de copain, jamais eu aucune expérience sentimentale et encore moins sexuelle. Je rencontre de nouvelles amies, que j’adore, mais qui parlent beaucoup de sexe de façon très libérée. Ça me met de plus en plus mal à l’aise.

 

Cet été là, je me suis rapprochée d’un garçon. Je le trouve beau, drôle et intelligent. On commence à sortir ensemble et… ça y est. Je peux enfin le dire : je suis amoureuse. Tout va bien dans le meilleur des mondes alors ? À ce moment là, je suis sûre que mon “appétit” sexuel va bientôt se réveiller, parce qu’après tout, l’inverse ne serait pas normal. Mais rien ne vient. Je suis de plus en plus angoissée et j’ai maintenant la certitude que quelque chose ne va pas chez moi. Suis-je cassée ?

La découverte de l’asexualité

Cette sensation me suit jusqu’à mes 21 ans. J’évite soigneusement tous les médecins, psys ou sexologues, parce que ça m’angoisse trop et que je préfère faire l’autruche. Par contre, il m’arrive de plus en plus souvent de chercher des réponses sur Internet. Un jour, je finis par tomber sur ce mot : asexualité.Tu y trouves des outils pour combattre la procrastination, mais aussi leurs témoignages sur le monde sanguinaire de l’édition et ce qu’ils ont appris pendant leur carrière d’écrivains.

Une personne asexuelle ne ressent pas (ou peu) d’attirance sexuelle pour qui que ce soit.

asexualité.org

Je n’en reviens pas. Il existe vraiment un mot pour ça ? Il y a d’autres personnes qui ressentent ça ? Comment ai-je pu passer autant de temps sans le savoir ? Je me mets à regarder des vidéos YouTube, puis le podcast Free From Desire, qui me fait pleurer. 

Depuis 3 mois, je sors avec Marie. Tout se passe hyper bien, sauf un truc: j’ai jamais spontanément envie d’avoir des rapports sexuels avec elle. Du coup, je décide d’aller voir une psychanalyste pour débloquer un peu tout ça. J’espère déterrer un traumatisme sexuel que j’aurais refoulé. C’est horrible de dire ça comme ça, mais à l’époque, quand je parle de mon absence d’envie (...), il y a souvent quelqu’un pour me dire “Bah, si ça se trouve, tu as eu un traumatisme et c’est ça qui te bloque”.

Free From Desire, Episode 3 “Quelque chose qui cloche”

Je ne me suis jamais autant identifiée à un témoignage, alors je creuse le sujet. Je découvre que l’asexualité est une orientation sexuelle, au même titre que l’hétérosexualité par exemple. Elle concerne au moins 1% de la population, et les asexuels se font appelé “Ace” dans la communauté anglo-saxonne.

 

Sous ce terme général, je découvre aussi les sous-catégories qu’il renferme, comme les gray(a)sexuel (qui ressentent faiblement de l’attirance sexuelle), les demisexuel·les (qui en ressentent seulement dans des relations émotionnelles fortes) et bien d’autres encore. Je découvre aussi l’aromantisme, auquel je ne m’identifie pas, mais qui désigne des personnes qui ne ressentent pas d’attirance romantique. J’ai clairement l’impression de découvrir l’Atlandide de la sexualité.

Et maintenant?

Si certain·es n’aiment pas se coller des étiquettes, celle de l’asexualité m’a libéré d’un poids immense et m’a permis de réaliser que je n’étais ni seule, ni cassée. Et même si ce n’est pas tous les jours facile de grandir au milieu de “tout ça”, j’ai la chance de pouvoir compter sur mon copain qui m’accompagne depuis si longtemps. Je suis aussi reconnaissante envers tous·tes celleux qui ont libéré la parole sur l’asexualité, que ce soit dans des livres comme Nous qui n’existons pas de Mélanie Fazi, des séries comme Sex Education ou des podcasts comme Free From Desire. J’ai appris à m’accepter comme j’étais, et j’espère que c’est ton cas aussi.

Si toi aussi, tu penses faire partie du spectre de l’asexualité ou si tu veux simplement en savoir plus sur le sujet, je te recommande le site de l’association pour la visibilité asexuelle.

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