LA VOIX DANS TA TÊTE · Le mag du podcast

La page blanche: pourquoi est-ce que je n’arrive pas à écrire (et pourquoi c’est normal)?

Le désir d’écrire l’histoire qui te trotte en tête est vif. Tu y penses tous les jours, les personnages te poursuivent et les idées te viennent sous la douche ou dans les transports en commun. À chaque fois que tu ne peux pas écrire ! Et puis une fois que tu as du temps pour te mettre à ton bureau… Tu prends la fuite. Malgré tout le bien-être et la satisfaction que procure l’acte d’avoir écrit, il semble que tous les dieux de la procrastination se mettent en travers de ton chemin pour détourner ton attention. Pourquoi, bon sang de bonsoir, tu n’arrives pas à écrire?

Des syndromes communs: la mouche et l’imposteur

Il y a le syndrome de la mouche, ou de la girouette. Au moment de te mettre à travailler, n’y a-t-il pas un insecte qui t’importune, ou un passant à l’allure insolite de l’autre côté de ta fenêtre, une envie soudaine de faire un brookie vegan (un brookie est un brownie avec de la pâte de cookie – pour t’éviter une recherche chronophage, tiens, clique ici). Soudain, c’est vraiment important de purger le radiateur, ou de déhousser les coussins pour les jeter dans la machine à laver, de tailler tous tes crayons.

La page, blanche, attend. Le curseur clignote, le temps passe. Et soudain, le téléphone sonne, tu es sauvé par le collègue/la consœur/le partenaire/la comptable qui a besoin d’un renseignement. On te sauve de ta petite voix.

Cette petite voix, c’est le syndrome de l’imposteur. Tu la connais peut-être ; la mienne est une vraie pipelette. C’est celle qui dit: « Non mais, sérieux, regarde-toi, là. Tu te prends vraiment pour un écrivain/musicienne/sculpteur/poétesse. Qui t’a donné le droit de faire ça, franchement? De toute façon, il y a un tas de gens bien plus talentueux que toi et bien plus doués, le monde n’a pas besoin de tout le mal que tu te fais. Ça ne sert à rien. Et si tu triais tes chaussettes? Ça, c’est un truc concret. » C’est l’imposteur.

Ces deux syndromes sont la manifestation d’une étape du processus de création: c’est la résistance.

Accepter la résistance

Un jour, j’étais en dédicaces dans un salon BD. Quelqu’un a demandé à François Walthéry

« Elle avance, ta nouvelle BD? »

Sa femme a éclaté de rire, et elle a répondu: « Le chemin le plus long de la journée, c’est celui jusqu’à sa table à dessin. » Ça m’a beaucoup appris en une seule réplique: ce qui est le plus difficile, c’est de se mettre à son bureau, dans les conditions pour écrire (dessiner, créer, composer, rédiger – insère le verbe qui te fait le plus peur). Alors qu’est-ce qui permet à un artiste de passer de procrastinateur amateur à dessinateur professionnel? C’est la conviction que cette résistance est inhérente au travail créatif. Et qu’il faut la surpasser et se mettre au travail. Elizabeth George parle de « la colle au cul » (souvent, une deadline qui se rapproche) dans son livre Mes secrets d’écrivain pour combattre la résistance. Julia Cameron, dans Libérez votre créativité, rappelle qu’il vaut mieux être un artiste en recherche qu’un artiste bloqué. L’autrice professionnelle accepte que c’est en faisant qu’on réduit le fossé qu’il y a entre ce qu’on voudrait arriver à faire (l’œuvre fantasmée) et ce qu’on arrive réellement à faire (l’œuvre concrète). Il faut accepter de n’être pas très bon pour devenir bon. Cela, c’est Ira Glass qui l’explique très bien dans une courte intervention (The Gap) qui est pourtant devenue un réel mantra pour les créateurs.

La peur de mal faire et la constatation que tu n’es pas encore assez bon te bloquent? Ira Glass nous martèle: « Fight your way trough that. »

La procrastination est la meilleure amie de la résistance

Et évidemment, tu trouves toujours mieux/plus important/plus urgent à faire, parce que la procrastination est la meilleure amie de la résistance. Pour vaincre ces deux super copines, heureusement, il existe des outils et des tactiques. Joie et merveille pour toi, fan de podcasts, trois écrivains francophones se sont réunis pour parler du processus d’écriture, du métier d’auteur et du monde l’édition! Lionel Davoust, Mélanie Fazi et Estelle Faye commettent le podcast Procrastination, dont la slugline est bien à propos: « un podcast sur l’écriture en quinze minutes, parce que vous avez autre chose à faire, et qu’on n’a pas la science infuse. »

Tu y trouves des outils pour combattre la procrastination, mais aussi leurs témoignages sur le monde sanguinaire de l’édition et ce qu’ils ont appris pendant leur carrière d’écrivains.

Alors accepte la résistance! Demande à la procrastination de revenir quand tu devras faire quelque chose de vraiment important, comme trier tes chaussettes. Et assieds-toi à ce bureau et ponds-nous cette histoire qui te rattrape commedeparhasard aux moments où tu ne peux pas écrire!

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