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Voyager loin : pourquoi faire ?

« Et toi, tu pars où en vacances ? » À l’approche de la trêve estivale, la question revient comme une ritournelle, un réflexe, quand le sujet de la météo s’est tari. Parce qu’il règne ce dogme tacite que les congés impliqueraient un périple, une grande aventure, pour qu’on les savoure. Comme si explorer les recoins charmants des alentours ne relevait pas de « vraies vacances ».

Redécouvrir les environs

Avec le confinement, la valorisation de la bourlingue a fait long feu. Proscrit un temps puis « fortement déconseillé » ensuite, le tourisme à l’étranger est devenu un luxe inaccessible, doublé de tableaux surréalistes d’aéroports vides. Toi aussi, tu t’es sans doute remis à « la promenade », celle qu’on avait banni de nos habitudes. D’abord le tour du quartier, pour s’aérer, puis on rallie des coins sympas à vélo ou à quelques kilomètres en bagnole. Tu redécouvres ta région, que tu pensais morne : la majestueuse forêt près de chez toi, le Ninglinspo, les Ardennes belges… Au point que certains havres pris d’assaut aient été temporairement fermés au public.

Moi, je n’ai pas attendu qu’on m’empêche de me casser pour apprécier les voyages courte-distance. Une virée à la Mer du Nord me suffit amplement pour changer d’air. Je pense que la perception d’un exotisme peut simplement provenir d’un changement de cadre, pas besoin que la carte-postale soit idyllique. Ne pas avaler des centaines de kilomètres provoque aussi moins de stress : pas de passeport à renouveler, de vols à planifier, de vaccins à s’inoculer, d’itinéraires à cartographier. Tu peux aller là où ton instinct te guide, et tant pis s’il n’y a rien de spectaculaire : adopter un rythme plus lancinant, c’est déjà suffisamment dépaysant à l’aune de ton quotidien survolté, non ?

Regards d'orpailleur

Je pourrais te faire la morale et brandir les arguments écologiques imparables : prendre l’avion pollue à mort (plus ou moins que la voiture ? Tout dépend des critères), le tourisme au cœur de certaines zones protégées perturbe l’écosystème… On aurait pu aussi s’énerver un bon coup sur les aéroports, le temps qu’ils nous font perdre et le parcours mercantile qu’ils imposent (coucou, la zone duty free). Mais je préfère insister sur un atout auquel on songe moins fréquemment : voir autrement des régions que l’on croyait connaître grâce à celles et ceux qui en sont amoureux·ses ! Redécouvrir l’enchantement près de chez soi, c’est ce que proposent deux podcasts, l’un belge et l’autre français.

Je pense dans un premier temps à « Mel Loves Travels », un podcast qui propose aux Belges d’envisager la ville de Mons d’un autre œil ou de visiter le Borinage sur les traces de Van Gogh. Le ton de l’autrice, très (trop ?) spontané accompagne agréablement les oreilles, sans prise de tête, si bien qu’on lui pardonne son irrégularité (seulement trois émissions en un an).

Mais, pour s’abreuver d’un délicieux chauvinisme régional, l’incontournable se situe chez nos cousins hexagonaux. « La Bretagne, c’est plus que des crêpes et du cidre », prévient Sébastien dès les premières minutes d’un épisode de « La France Baladeuse » consacré à sa terre de cœur. Ce programme « d’origine contrôlée », comme le chuchote son slogan, parle d’un voyage humble, limité aux frontières de son pays. Dans une approche résolument « premier degré », Paul Engel interroge les locaux sur leurs souvenirs du terroir, leurs attachements à différents motifs, qu’ils durent depuis l’enfance ou surviennent à l’âge adulte. Qu’est-ce qui a décidé Lola, qui vient du Sud de la France, à poser ses valises dans le Finistère ? Qu’évoquent les embruns à Lili, dont le papa était gardien de phare ? On ne se marre pas beaucoup : l’habillage sonore installe d’authentiques escapades hors du temps, des séquences poétiques où l’on observe le vol d’une mouette, où l’on se figure le récif sur lequel « il neige de l’écume ». De quoi s’évader sans bouger.

Et pour les nostalgiques des aires d’autoroute, je recommande les épisodes se concentrant sur les récits de road trip familiaux, où l’on dépeint le sandwich triangle comme « le must de l’aventure ». En voyage comme ailleurs, il faut apprendre à se contenter des choses simples.

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