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Je n’aime que les pizzas – Vivre avec une néophobie alimentaire

Je n’aime que les pizzas. Ou du moins, c’est presque ça. Depuis que je suis petite, je ne mange ni viande, ni légume. « Mais alors, qu’est-ce que tu manges? » me demande-t-on souvent. Frites, pâtes, pizzas (mais seulement les Margherita), autant dire que je n’ai jamais manqué de féculents. Oui, je suis « difficile ». Jusqu’il y a quelques jours, c’était le seul terme que je connaissais pour me définir. Puis, j’ai découvert le podcast Manger de Louie Media qui, dans un épisode, parle de néophobie alimentaire. 

L'épreuve du restaurant

Peut-être avez-vous (ou êtes-vous) cet ami qui veut toujours aller manger la même chose au même endroit, et qui vous saoule à vous parler pizza quand vous voulez découvrir la cuisine libanaise, africaine ou russe. Pour des gens comme moi, aller au restaurant n’est pas toujours une partie de plaisir. Assise à côté de bons mangeurs qui n’arrivent pas à se décider sur un menu où tout leur fait envie, je passe mon temps à analyser le menu pour chercher LE plat qui sera « le moins pire ».

Dans la plupart des restaurants, je me force à commander et je laisse la moitié de mon assiette. La moitié qui reste est remplie de ma culpabilité à ne pas avoir fini comme tout le monde. Je sens les regards des serveurs, auxquels je dis que « c’était délicieux! » en sous-entendant : « Pour les personnes normales, ça doit être délicieux« . Et je me déteste en pensant à tout ceux qui n’ont pas de quoi s’offrir cette assiette gâchée.

Combattre la néophobie alimentaire

Je suis néophobe depuis que je suis petite. Mais concrètement, ça veut dire quoi? La néophobie alimentaire, aussi appelée « trouble de l’alimentation sélective« , consiste en un rejet souvent physique de toute tentative de sortir de sa zone de confort alimentaire. Me faire manger de la purée ou du jambon, c’est aussi éprouvant pour moi qu’une épreuve de Koh-Lanta.

D’après mes parents, c’est presque arrivé du jour au lendemain. Au cours de mon enfance, mes parents m’ont parfois un peu forcée à manger de la viande, ou des légumes. J’ai mangé sans doute plus que 20 fois de la viande cuite, mais je n’ai pas eu le déclic magique. On pensait que cette phase finirait par passer, à un moment ou à un autre. Mais me voilà aujourd’hui, du haut de mes 25 ans, et j’ai toujours autant de mal à aller manger autre chose que des pizzas.

Depuis quelques mois, j’ai pris la décision d’aller voir une diététicienne. J’avais envie de mieux manger et je commençais à en avoir marre de faire ma difficile devant mes amis ou mes collègues avec mon sandwich au Nutella. Je n’ai pas eu de déclic, mais j’apprend à me forcer. Je joue des tours à mon cerveau en cachant des mini dés de champignons dans ce que je cuisine (ce que je ne vois pas ne peut pas me faire de mal). Étant fan du Japon, je me suis forcée à aimer les sushis et le poisson cru, et ça a plus ou moins fonctionné.

Découverte du podcast "Manger"

C’est en écoutant l’épisode « Pourquoi aimons-nous manger toujours la même chose » du podcast Manger de Louie Media que j’ai appris l’existence du terme « néophobie alimentaire ». Dans cette section de l’épisode, on comprend d’abord que le terme concerne surtout les jeunes enfants. Puis, Laurianne Melierre va à la rencontre de Constance qui raconte son expérience personnelle, très semblable à la mienne (et peut-être à la vôtre?). Pour la première fois, je pouvais mettre un autre nom que « difficile » sur mon habitude alimentaire. Si vous pensez vous aussi être néophobes, je vous conseille vivement d’écouter ce podcast.

Si vous ne pensez pas l’être, je vous recommande quand même ce podcast, qui à travers chaque épisode s’interroge sur une pratique alimentaire en particulier (Pourquoi est-on prêt à faire 2h de file pour une pizza? Pourquoi s’indigne-t-on quand quelqu’un change une recette?).

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